Lize Broekx et Hermien Peters : "L'eau et notre bateau nous manquaient!"

Le duo belge de kayakistes Lize Broekx et Hermien Peters a pagayé jusqu'à une quatrième place au 500m K2 fin août lors des championnats du monde à Szeged, en Hongrie. Elles on ainsi assuré un billet olympique pour Tokyo 2020. Le fait que ces Jeux aient été reportés et non annulés a été un grand soulagement pour le duo.

Hermien et Lize : "Un report était la bonne décision pour nous, la santé des athlètes, des entraîneurs, des bénévoles, des supporters est la chose la plus importante. Il aurait été irresponsable d'organiser les Jeux cette année. En outre, ce report offre également une occasion unique de faire 'à nouveau' l'année de préparation des Jeux. Nous disposons d'une année supplémentaire pour nous préparer et nous pouvons éventuellement ajuster à l'année prochaine les choses qui se sont avérées moins bonnes au cours de ces derniers mois. L'inconvénient de cette année supplémentaire est bien sûr qu'il s'agit d'une autre année de concentration supplémentaire. Le sport de haut niveau est un travail difficile, non seulement physiquement, mais aussi mentalement. Pour être très honnête, nous avions hâte de nous récompenser après les Jeux olympiques pour ces quatre années de travail acharné et de prendre quelques mois pour nous ressourcer. C'est plus difficile maintenant parce que Paris 2024 se rapproche aussi. Mais nous ne voulons pas nous casser la tête à ce sujet, 'first things first', d'abord Tokyo 2021 !"

S'entraîner sous le soleil portugais
Lorsque le virus Covid-19 a éclaté en Belgique, Hermien et Lize étaient au Portugal pour un stage d’entraînement.

Hermien : "Comme la situation à cette époque était encore difficile à évaluer et que les Jeux n'avaient pas encore été reportés, il nous a semblé préférable de rester le plus longtemps possible au Portugal et d'y poursuivre notre entraînement. Ce qui nous traversait l'esprit à ce moment-là était de savoir comment nous pouvions continuer à nous entraîner et si les Jeux seraient annulés ou non."

Lize : "Mais lorsque l'épidémie est devenue une réalité et que nous avons dû rentrer chez nous, cette petite voix dans ma tête s'est transformée en 'Je dois rentrer chez moi, je veux être avec ma famille'. Je suis devenue très anxieuse, peut-être un peu trop, j'avais peur de tout et de tous ceux que je voyais ou rencontrais même si c'était à 1,5 m de distance. Heureusement, la situation s'est améliorée quand je suis rentrée chez moi et que j'ai vu que tout allait bien avec ma famille et mes amis. J'ai surtout vécu le confinement comme un moment de détente et de partage avec ma famille".

Hermien : "Moi aussi, je me suis dit: 'Et si on ne pouvait pas revenir en Belgique?' J'ai donc été soulagée quand nous avons appris que nous pouvions le faire. Le 'worst-case-scenario' et le fait de ne pas avoir la possibilité de rentrer (rapidement) en Belgique m'ont particulièrement effrayé. D'autre part, je m'inquiétais également de savoir si nous pourrions nous entraîner en Belgique aussi bien qu'au Portugal, où il n'y avait pas de restrictions à l'époque. Mais une fois à la maison, je ne me suis plus trop souciée de cela et j'ai eu toute confiance dans le programme ajusté que notre entraîneur nous avait établi."

Ces dernières semaines et après deux mois de 'Restez chez vous', les mesures strictes de lutte contre le coronavirus ont été assouplies. C'est un soulagement pour de nombreux Belges, mais aussi une bonne nouvelle pour Lize et Hermien.

Lize : "Pendant le confinement, nous nous entraînions principalement seules, sauf les séances de course à pied, 2 ou 3 fois par semaine, que je faisais parfois avec mon frère. Hermien allait courir avec son petit ami. Comme nous n'étions pas autorisées à nous entraîner sur l'eau, notre programme d'entraînement consistait principalement en des exercices de musculation, de la course à pied et du cyclisme, ainsi que de courtes sorties sur l'ergomètre (un appareil permettant de faire du kayak sur la terre ferme). À partir du 20 avril, nous avons obtenu un accès limité aux voies navigables flamandes pour nous entraîner sur le canal. À partir de ce moment, nous avons pu naviguer individuellement 3 fois par semaine, chacune à une heure différente, sous la direction de notre directeur technique Maarten De Wilde.

Hermien : "Depuis le 4 mai, nous sommes à nouveau autorisés à naviguer en petits groupes de 2 à 3 personnes, et nous pouvons à nouveau suivre un entraînement quotidien sans avoir à tenir compte d'heures spécifiques imposées. Depuis 18 mai, les entraînements de groupe sont à nouveau autorisés, cela facilite les choses. Notre entraîneur Carlos Prendes est également de retour en Belgique, nous sommes donc suivies au quotidien".

De nombreux Belges ont eu plus de temps pour eux pendant la période de quarantaine. Mais qu'ont fait Lize et Hermien de leur temps libre?

Lize : "J'ai passé la plupart de mon temps à ranger ma maison, à travailler dans le jardin, à faire des appels Skype avec des amis. J'ai aussi fait beaucoup de gâteaux et de tartes, ou quelque chose qui devrait y ressembler. Je n'ai jamais vraiment été une princesse de la cuisine, mais j'ai fait d'énormes progrès au cours des derniers mois. Je donne également un entraînement de force et de stabilité en ligne deux fois par semaine aux jeunes de notre club. Pour eux, c'est une période incertaine et j'aime les motiver et partager mes connaissances avec eux."

Hermien : "Mon petit ami et moi venons d'acheter une maison et nous avions l'intention d'y emménager après les Jeux. En rentrant du Portugal, nous avons agi et déménagé rapidement pour pouvoir nous voir et avoir notre propre 'bulle'. Etant donné le fait que les Jeux allaient probablement être postposés, nous ne voulions pas reporter la vie en commun d'une année supplémentaire. Avec du recul, c'était certainement la bonne décision. En attendant, je suis devenue une vraie bricoleuse tant à l’intérieur qu'autour de la maison." (rires)

Lize: "Pendant la quarantaine de ces derniers mois, j'ai réalisé que j'avais une vie très spéciale. Nous passons généralement plus de la moitié de l'année à l'étranger, en ayant toutes les occasions de faire ce que nous aimons faire ainsi que mon métier actuel et tout ce qui va avec. Pour moi, participer aux Jeux olympiques est vraiment un rêve d'enfant devenu réalité. Peu de gens peuvent dire cela. 'Don't take it for granted'... En outre, je pense que le confinement a permis aux gens de profiter à nouveau des petites choses. La vie ne doit pas toujours être extravagante, il y a tant de petites détails à apprécier et je pense qu'il est important de les chérir".

Hermien: "Vous réalisez que vous avez beaucoup de chance en tant qu'athlète de haut niveau de faire ce que vous aimez faire et cela dans des circonstances idéales (temps chaud, partenaires d'entraînement internationaux,...). Je m'en rends encore plus compte maintenant qu'avant la pandémie. Mais d'un autre côté, le confinement vous apprend aussi à apprécier davantage la vie 'normale'. Vous remarquez alors immédiatement l'importance du contact avec les amis et la famille. J'ai aussi remarqué à quel point naviguer me manquait. Surtout les semaines où nous n'étions pas autorisés à nous entraîner sur l'eau, ce qui m'a permis de profiter de l'entraînement ici en Belgique, avec le temps belge (rires)! C'est là que vous réalisez à quel point votre bateau et l'eau vous manquent et que naviguer c'est vraiment votre passion !”

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