​“Il y a moins de reconnaissance pour les performances des femmes athlètes car leurs compétitions sont moins suivies”

Jaouad Achab est triple champion d'Europe de taekwondo (2014, 2016 et 2019), champion du monde (2015) et actuellement numéro un mondial dans la catégorie -63kg. 
Le taekwondo est un art martial d’origine sud-coréenne axé sur l’autodéfense, qui se pratique sans aucune arme. Traduit littéralement, tae signifie "sauter, donner des coups-de-pied ou frapper avec les pieds", kwon "cogner, frapper avec la main ou le poing" et do "l'art de" ou "la manière de". C’est en 2000 aux JO de Sydney que le taekwondo reçoit le statut officiel de sport olympique. Laurence Rase a été la première taekwondoka belge à participer aux Jeux d'Athènes en 2004. Entretien avec Jaouad au sujet de Empowering Women in Sports.

Penses-tu que les femmes athlètes ont les mêmes opportunités et ressources que leurs homologues masculins?
Au taekwondo, les opportunités et les ressources sont les mêmes pour toutes et tous, hommes et femmes.

Y a-t-il autant de filles que de garçons qui pratiquent le taekwondo?
Avant, nous avions moins de filles dans cette discipline. A l’heure actuelle, je vois de plus en plus de clubs qui essaient d'encourager les filles à faire du taekwondo. Mais dans l’ensemble, les membres taekwondokas sont encore toujours majoritairement des hommes.

Les femmes sont-elles aussi fortes mentalement que les hommes?
Personnellement, je pense que cela dépend de la personne, peu importe si vous êtes un homme ou une femme. Je connais des hommes qui sont mentalement plus forts que les femmes, mais je connais aussi des femmes qui sont mentalement plus fortes que les hommes.

As-tu déjà travaillé avec des femmes athlètes? En quoi est-ce différent de travailler avec des hommes? J'ai toujours eu des femmes dans mon équipe, y compris la mienne, Indra Craen. J'aime vraiment m'entraîner avec elle et elle aussi avec moi. Je la mets au défi et c'est ainsi que nous nous améliorons tous les deux.

La femme de Jaouad est la taekwondoka Indra Craen. Indra a été porte-drapeau du Team Belgium aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Nanjing en 2014. Elle y a d’ailleurs remporté une belle médaille d'argent. Un mois plus tard, à 16 ans, elle décrochait le titre européen dans la catégorie des moins de 21 ans. Indra était également présente aux Jeux Olympiques de Rio en tant que sparring partner de Raheleh Asemani.

A ton avis, pourquoi de nombreuses femmes ne sont-elles pas impliquées en tant que coach, arbitre ou administratrice d’un club par exemple?
Les femmes sont parfois plus émotives et sensibles que les hommes. Elles font un excellent travail mais il peut arriver que certaines d'entre elles maîtrisent un peu moins leurs émotions face à la pression, je pense.

Les femmes obtiennent-elles la même reconnaissance pour leurs performances que les hommes?
Je ne crois pas. Il y a moins de reconnaissance pour les performances des femmes athlètes car leurs compétitions sont moins suivies. J'espère que cela va s'améliorer car les femmes travaillent aussi dur que les hommes.

Quelles sont, d’après toi, les actions concrètes à mettre en place pour atteindre l’égalité des genres dans le sport?
Les médias pourraient accorder une plus grande visibilité aux athlètes et aux compétitions féminines. Le sport féminin devrait être plus présent à la télévision et sur les réseaux sociaux et de leurs côtés, les organisations pourraient également agir et, à partir d’actions concrètes, promouvoir l’égalité des genres.

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